J'écris cette lettre depuis la marina de Funchal, sur l'île de Madère.

Pour la traversée de Cinés (Portugal) à l'archipel de Madère, les prévisions météo étaient bonnes. Vent de nord à nord-est force 4 avec mer agitée augmentant à force 6 avec mer forte. Des éclairs visibles au loin : une dépression orageuse entre Maroc et Madère. Croisement du rail longeant le Portugal de nuit ce que je n'avais pas prévu parce qu'il est plus au large et plus étendu que sur ma cartographie datant de 1993. Beaucoup de camions (cargos) qui montent vers la Manche ou descendent vers Gibraltar. Merci au radar Furuno. Des bonnes moyennes de 5 à 6 nœuds, avec 2 génois croisés au début puis 1 génois seul après. Je n'ai pas barré du tout, le régulateur d'allure à fait son boulot toute la traversée même si la tige entre l'aérien et la pelle immergée était un peu tordue à la fin du troisième jour. Pas besoin du moteur pendant la traversée, de toute façon la commande d'inverseur ne marchait plus. Arrivée à l'aube du 4ème jour à Porto Santo. Entrée à la voile dans le port de Porto Santo, le mouillage sur la plage me semblant très rouleur ce matin là. Porto Santo est une petite île au nord de Madère ave une belle plage. Après un peu de repos et la réparation de la commande d'inverseur et du régulateur d'allure, je suis reparti le lendemain pour Funchal, le grand port sur l'île principale de l'archipel de Madère.

Je suis amarré à coté d'un couple de danois en année sabbatique sur un bateau de taille similaire au mien. Ils vont aussi aux Canaries puis retour par les Acores. Les échanges de verres et d'expérience de navigation ont commencé rapidement. Les amis du bateau suisse rencontrés en Galice sont bloqués au Portugal. Beaucoup de pavillons anglais ont tourné à gauche vers Gibraltar (Nelson) pour passer l'hiver en Méditerranée.

Madère est orienté business touristique, sans excès cependant. C'est toujours la haute saison ici. Après la lessive et les éternels petits travaux, je pars dans l'arrière pays en bus pour une randonnée en suivant une "levada", canal d'irrigation étroit qui descend de la montagne. Contrairement à Porto Santo, il y a uniquement des petites plages de sable noir et de galets sur Madère. Dans le port, beaucoup de bateaux de pêche sportive donc il faut que je prépare les cannes à thon. L’autre activité du port est le « dolfins watching » sur des grands catamarans.

Bien que le port se vante de posséder 3 bornes Wifi, la connexion Internet fonctionne très mal depuis le bateau. Toujours la même histoire « si vous étiez venus la semaine dernière, cela fonctionnait très bien ». A Cines au Portugal, c’étaient les chats nichés dans la digue qui avaient débranché le câble… Ici, ils fournissent en compensation un plan vers un banc public en ville où l’on peut s’asseoir avec son PC portable en ayant un accès gratuit à Internet pour les connexions Skype.

Au menu ce soir : "espada", un poisson local pêché à 600 - 800 m de profondeur. Lorsqu'il est remonté des filets d'une telle profondeur, il tire une sale gueule et devient tout noir mais la chaire est très bonne et il n'y a pas d'arrête.