Mouillage sauvage derrière le récif au nord de Providencia.

En route vers les îles du Honduras, je fais un stop sur l'île de Providencia, une dépendance de la Colombie située au large du Nicaragua. La navigation depuis les San Blas a été effectuée en 2 jours et 2 nuits, un peu difficile au prés dans la première moitié puis plus agréable au travers avec un petit courant et un alizé favorables pour finir. Pêche d'un gros thazard qui rentre à peine dans le cockpit. La mise en conserve a foirée, j'ai du en manger matin, midi et soir pendant plusieurs jours après l'avoir partagé avec un autre bateau.

Carthagène est une escale extraordinaire. Pas pour le mouillage où l’on crève de chaud, dans une eau sale, bruyant et sans commodités au club nautico qui est en reconstruction. L'intérêt se trouve dans la ville, il faut rester le moins possible dans le bateau.

Au milieu, le centre historique à l'intérieur de fortifications datant des conquistadors hollandais et espagnols. Les grandes maisons sont du style baroco colonial avec des beaux balcons qui rappellent l'Espagne. La promenade y est agréable, la pression touristique est supportable. La musique (salsa, rumba...) dans les bars est polluée par la soupe internationale électro-rap-machin-chose mais il y presque tous les soirs dans la cité des concerts de musique caraïbes, colombienne ou latino de bonne qualité qui sont fréquentés par les étudiants. Plusieurs universités régionales sont localisées dans ces belles maisons du centre.

A l'ouest, le quartier moderne de Boca Grande le long de la plage avec des tours façon Miami. Je n'y ai pas mis les pieds. Ce serait sur cette plage qu'on trouve des messieurs américains dégustant des beignets à la cocaïne avec de jeunes colombiennes tarifées.

A l'est, les quartiers populaires, plein de vie et de ressources. Pour ceux qui ont renoncés comme moi aux réparations sur le bateau, c'est là que nous nous passons une grande partie de nos journées entre le marché, les ateliers à même le trottoir, les boutiques avec des produits sans marque et d'un autre âge et les vendeurs de rue. Pas besoin de cuisiner au bateau, les cantines proposent pour 5000 pesos (2 euros) une soupe et un plat du jour. J'ai bien aimé aussi les arepas queso (galette de mais au fromage) ou les douceurs au coco. J'ai mangé tellement de fruits tropicaux découpés par les vendeurs de rue que l'alerte tourista a été déclenchée les premiers jours à moins que ce ne soit à cause de l'eau de la marina. Le grand marché Bazurto est un peu limite du point de vue sanitaire. Certains le disent hors limite, il est vrai que le sol est jonché d'ordures, mais il regorge de fruits, légumes, viandes y compris un appareil digestif de bœuf complet si cela vous chante, poissons avec mouches, batteries de cuisine, vêtements, guirlandes de Noël clignotantes et autres accessoires indispensables. Pas besoin de marchander, les prix sont tous bas. Les camions arrivent de l'intérieur du pays, se frayent un chemin dans les allées étroites puis déversent leur tombereau dans des caisses achetés par les détaillants. Si vous avez besoin d'un porteur, ils sont très présents avec leur caddies piqués à l'hypermarché Carrefour voisin et joliment agrémentés d'un enjoliveur en guise de calandre avec une plaque d'immatriculation en bois sur lequel ils ont écrits leur nom. Le réparateur spécialisé dans les zapettes de télévision est sur le trottoir près de l'atelier qui va vous fabriquer sur mesure pour 3 dollars le brûleur de votre gazinière devenu introuvable chez le fabriquant. A coté, la boutique qui vend les pièces en cuir et en liège pour faire des chaussures en kit. Un peu de colle et un cutter et de peinture, vous voilà avec des bottillons très chic parisien.

En continuant l'avenue, vous tombez dans le domaine de l'automobile avec les boutiques ultra-spécialisés, les vidanges directement sur le trottoir et les transformateurs qui fabriquent une tondeuse à gazon à partir d'une 4L (j'ai inventé cet exemple mais ici tout est possible). Toute cette activité est noyée dans un concert de salsa, de klaxons et de taxi- moto pétaradants.

Je ne recherche pas à priori ce genre d'escale mais je ne suis pas déçu par Carthagène. J'ai fait le plein de foule, de couleurs, de musiques, de plats locaux et d'approvisionnements avant la retraite aux San Blas pendant les prochaines semaines et le réveillon avec les indiens Kunas et les langoustes.

La paillote et le hamac sont prêts pour affronter la rigueur de l'hiver tropical aux San Blas

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Une presqu'île formée depuis quelques années par les alluvions du rio Magdalena. Coté mer, la plage est recouverte du bois des Andes transporté par le fleuve. Coté lagune, une plage de sable noir avec des petits cabanons où les habitants de Blanquilla, la grande cité voisine, viennent passer leur dimanche. Le vent tient bon ce qui éloigne les moustiques et dissipe les odeurs de vase. Une famille de pêcheurs nous prépare un poisson grillé qui sera partagé avec les habitués du club de planches à voile autour d'un feu sur la plage. Le bus tout à fait latino nous amène à la petite ville voisine de Puerto Columbia qui est organisée autour d'un longue jetée où s’amarraient autrefois les bateaux amenant les immigrants venus d'Europe.

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Bahia Guaïraca, Colombie

- Par dans Escales

Une des 5 baies prés de Santa Marta, avec une belle plage de sable blanc sur le coté ouest et surtout une végétation abondante comme il n 'y en avait pas sur les îles du Venezuela. Quelques barques pêchent la nuit au lamparo. De rares villas bien intégrées dans les arbres y sont construites par des familles de Santa Marta. Pêche, plongée, petite randonnée dans la baie voisine et gâteau au chocolat préparé par la doudou Isabelle de Fidji. On ne s'en lasse pas mais la météo nous chasse. Nous n'aurons pas le temps d'aller mouiller sur la plage de sable noir au fond de la baie où se trouve le village de pêcheurs, à l'intérieur du parc naturel national.

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Cabo de la Vela, Colombie

- Par dans Escales

Au Cabo de la Vela, le ventilateur est toujours à puissance max (20 à 30 nds). Les bateaux de passage mouillent une nuit, abrités juste derrière le cap, pour se reposer mais je suis pas d'humeur. Au hasard, je traverse la baie de 2 ou 3 miles vers le village au fond. Accueil très chaleureux des locaux fortement typés Indien des Andes, toujours contents que des bateaux de passage viennent jusque là. Ils vivent de pêche. Les Colombiens viennent de Bogota, Medellin, etc. pour passer le week-end dans des hôtels très sommaires. Quelques routards européens connaissent le coin pour faire du surf à voile. Mon contact "Henri" me fait visiter les cabanes rudimentaires de toute la famille. Sa fortune est un hors bord pour sa barque de pêche. Achat d'un bracelet tissé par les indiennes mais je fais l'erreur de sortir une grosse coupure échangée à Curaçao. Panique, elles n'ont pas la monnaie. C'est parti pour faire la tournée des bars avec Henri afin de faire de la monnaie. Le jeu consiste à commander dans chaque cabane du village 2 bières importées par le trafic avec le Venezuela tout proche. Je ne contrôle plus rien mais Henri tient le cap. La conversation tourne autour des 3 mots anglais que connaît Henri et des 3 mots espagnols que j'ai difficilement appris au Venezuela. Le soir, je ne suis pas en état de vérifier les billets qui s'échangent mais le lendemain les comptes s'avèrent très honnêtes. Je quitte la baie au matin. Henri me rattrape en rentrant de la pêche de nuit et me lance quelques petits poissons dans le cockpit. Je lui remets une lettre de recommandation qu'il exhibera aux prochains plaisanciers de passage pour vendre ses services.

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