En escale à Aruba, la dernière des îles néerlandaises juste avant la Colombie. Le sud d'Aruba est dédié au raffinage de pétrole vénézuélien. Les hôtels et les plages pour les touristes hollandais sont dans le nord de l'île. Les voiliers de passage sont tolérés au milieu, au mouillage dans l'axe de la piste de l'aéroport international.

La navigation depuis Curaçao a été effectuée de concert avec Isabelle et Patrick, ancienne hôtesse et skipper de Switch Croisières aux Antilles, maintenant en grand voyage sur leur Gin Fiz nommé Fidji. Depuis notre rencontre à Spanish Waters, nous avons partagé plusieurs soirées autour d'excellents ty-punch et pizzas préparés par la charmante "Doudou" tout en étudiant les constellations dans le ciel étoilé. Fidji part demain lundi vers la Colombie. Plusieurs des autres copains de Spanish Waters sont déjà arrivés à Carthagène pour les 8 jours de fêtes début novembre.

Départ d'Aruba prévu mercredi 11 Novembre après avoir bouclé mes tâches professionnelles. En perspective, plusieurs jours de cabotage avec des étapes de 50 à 100 miles sur la côte sauvage au pied de la Sierra Nevada. Si je ne m'arrête pas plus d'une nuit par étape afin de profiter de cette fenêtre météo, je serais à Carthagène juste à temps pour l'élection de la Miss Colombie qui le point culminant de la semaine de fêtes. Si je traîne à l'étape des "5 baies" à mi-parcours avant Santa Marta, je ne serais à Carthagène que fin novembre. Tant pis pour la Miss Colombie mais peut être qu'à Panama...

Retour à Curaçao après 6 mois de travail en France. Le bateau a bien tenu sur ses 2 ancres. L'intérieur est bien sec, il n'y a pas d'humidité comme à Grenade l'an dernier. Il faut dire que la météo a été clémente pendant cet été cyclonique. Pas de renverse des vents qui aurait pu emmêler les 2 ancres. Le grand panneau solaire resté pour maintenir les batteries est hors service (surchauffe, orage ?). L'ordinateur pour la cartographie numérique était dans le coma à mon retour et je crois qu'il est définitivement mort après que je lui est ouvert le ventre.

Les news de Curaçao :

On a perdu le consul US parti se baigner après une dispute avec sa femme ! Toujours est-t-il qu’on a retrouvé qu’un short et un téléphone portable sur la plage. A-t-il était bouffé par les requins ? A t’il maquillé sa disparition pour aller prendre du bon temps à Carthagène ? Les sbires de Chavez l’ont-il coulé avec les pieds dans du béton ? Les Coast Guards ont patrouillé pendant plusieurs jours avec l’hélico à basse altitude pour le rechercher.

L’administration locale est sous pression avec le trafic de drogue et l’immigration clandestine venant du Venezuela. Les dernières lois de Chavez ont incité les riches vénézuéliens à stocker leurs avions privés et grosses vedettes à moteurs sur Aruba, Bonaire ou Curaçao (Antilles Néerlandaises). Dans un premier temps, le bureau d’immigration du port n’a pas voulu tamponner mon passeport parce que j’avais déjà eu un tampon à l’aéroport. Après plusieurs allers et retours entre les différentes administrations, jusqu'à 5 officiels s’occupaient de mon cas ce qui commençait à m’inquiéter. Finalement, l’agent de l’immigration a été forcé de mettre un nouveau tampon sur mon passeport mais pour marquer sa mauvaise humeur, elle l’a daté en 2008. Tout c’est bien terminé quand un des officiels du port m’a accompagné pour souffler dans les broches de la femme de l’immigration. Je suis autorisé jusqu’à fin novembre.

Les navigateurs ont recueilli avec l’aide du parc d'attraction local un baleineau qui a été nommé Sully. Il est nourri dans un bassin sur une plage. Des volontaires se relaient jour et nuit pour lui gratter le ventre avec une brosse. Il aime ça et ne veut plus partir malgré les essais de le ramener au large. L’histoire va probablement se terminer par un transport en avion vers un parc d’attraction aux USA.

Le mouillage dans la baie Spanish Waters est saturé parce que pas mal de bateaux ont déserté les ports sur la côte du Venezuela où il y a un sentiment d'insécurité. Le restaurant Sarrafundy qui servait de point de rencontre pour les navigateurs de Spanish Waters a brûlé l’hiver dernier et il n’a pas été reconstruit. Il est remplacé par le bar du club de voile où l'on peut partager quelques Amstel Bright (bière hollandaise) pendant les « Happy Hours » en fin de journée.

Gus : Le drapeau breton de Ty-Yann flotte de nouveau dans les alizés.

Le mouillage de Spanish Waters vu des barres de flêche, avec l'antenne Wifi pour se connecter à Internet.

Timo et Annemieke sont arrivés de Hollande en bateau puis ils ont construit une maison flottante.

Nuit noire dés 18h30 sous les tropiques. A Curaçao, c'est l'heure d'une Heineken ou d'une Amstel.

Je reste à Curaçao pendant tout le mois d’octobre pour finir des tâches professionnelles via Internet puis viendront les travaux sur bateau : carénage, réservoir de gasoil plein de boue, peinture dans le cockpit et plusieurs équipements en panne. La nouvelle grand-voile doit arriver de Honk Kong dans 10 jours. Début ou mi-novembre devrait être plus propice pour faire route le long de la côte de Colombie afin d'arriver en décembre aux San Blas, le mois auquel la force des orages commencera à diminuer. J’ai rencontré plusieurs équipages français, canadiens ou anglais qui vont faire la route depuis Curaçao. Les hollandais qui sont en grande majorité préférent rester sur Curaçao.

Au mouillage dans Spanish Waters, une baie bien protégée sur l'île de Curaçao entre le Vénézuéla et la Colombie. Pendant mon retour en France pour travailler pendant quelques mois, je vais y laisser TY-YANN à l'ancre, sous la surveillance de Timo et Annemieke, un couple de Hollandais qui réside dans un house-boat juste à coté. L'appareil photo étant toujours myope, j'ai juste capturé quelques images avec le téléphone.

Mouillage dans Spanish Waters, une grande baie très protégée, avec des zones de mouillage et des marinas. La baie est bordée de villas avec des pontons où sont amarrés les bateaux des propriétaires, c'est un peu le Miami des retraités hollandais. J'y retrouve l'équipage d'Arasec, un grand dériveur de 40 pieds en alu avec lequel j'ai partagé plusieurs escales depuis Los Roques. Après un changement d'équipiers, Robert, le skipper continue sur la Colombie. Egalement au mouillage, Lynne, Olivier et leur bébé Zia sur un grand bateau en alu qui préparent leur traversée du Pacifique via Panama.

Curaçao est pour moi une escale technique afin d'acheter une nouvelle annexe. Dans le bus qui va au shipchandler, un navigateur canadien me tuyaute sur un bateau belge qui vendrait une annexe d'occasion. Après une âpre discussion avec la flamande qui est le vrai patron à bord de ce bateau belge d'une cinquantaine de pieds (le mari s'occupe de l'usine en Belgique au téléphone), je me retrouve avec une annexe d'un an en très bon état amarrée derrière Ty-yann. Beaucoup moins cher qu'une annexe neuve chez le shipchandler mais je me souviendrais que les flamandes sont dures en affaires.