Voir tout l'album photo Gambier 2012

Arrivée dans les îles Gambier dans le sud est de la Polynésie française au terme d'une traversée de 26 jours. Les conditions de mer et de vent ont été instables avec du prés par vent fort, du largue avec des vagues par le travers, du vent arrière avec un vent apparent faible, le tout agrémenté de grains, d'orages et de trombes d'eau... pas du tout une navigation confortable au portant sous les alizés bien établis comme lors de la traversée de l'Atlantique. Il y a eu peu de temps de décontraction pendant lesquels on prend du plaisir à naviguer. Pas de conditions extrêmes, on reste sous les tropiques et à la bonne saison mais, en solitaire, la durée est trop longue et j'ai compté les jours.

La contrepartie de cette longue traversée est l'escale dans cet archipel Gambier qui est un condensé des différents paysages de la Polynésie, hors des sentiers battus, à la limite de la zone tropicale. Un lagon entoure plusieurs îles volcaniques élevées avec une végétation luxuriante. Sur le pourtour, des motus (îlots) sur la barrière de corail avec du sable et des cocotiers. L'accueil à Mangareva est excellent allant de la gendarmette polynésienne très avenante pour les formalités, les gros pamplemousses doux qui sont offerts, le steak frites tant attendu qui est commandé au barbecue installé devant la maison d'un local, l'ancien légionnaire qui fournit les services aux voiliers et les autres navigateurs qui m'ont aidé dés l'arrivée. Il y a une vingtaine de voiliers au mouillage dont plusieurs qui viennent du Chili ou de Patagonie après avoir contourné l'Amérique par le sud avec des conditions de navigation bien plus difficiles que sous les tropiques. Le village et ses infrastructures font riches par rapport à l'Amérique Centrale; c'est propre et bien entretenu avec des jardins de fleurs et des arbres fruitiers. On sent les subventions mais les locaux ont eu raison d'en profiter parce qu'ils étaient enfermés dans un abri pendant les essais nucléaires dans l'île voisine de Mururoa. Actuellement, c'est le business de la perle noire qui assure les revenus.

Après les réparations urgentes, il y aura des excursions dans la montagne puis la visite d'une ferme d'huîtres perlières et les mouillages devant les motus. Il serait agréable aussi que le coup de vent fort qui sévit actuellement s'arrête; d'après le boulanger polynésien, on peut en prendre encore pour 8 à 10 jours... C'est l'automne austral ici.

Je vais ce matin du 1er mai faire la lessive sur le machine à laver de Fritz le légionnaire; il ne faut pas arriver trop tard parce que l'après-midi il est souvent cuit (il préfère que l'on rémunère ses services avec une bouteille de rhum).

Je vais passer la nuit à Puerto Villamil qui est la porte de sortie sud ouest de l'archipel des Galapagos puis, le lendemain 3 avril, je commence la traversée vers l'île Gambier à 3000 Mn (6000 km) qui est au sud est de la Polynésie Française. La durée prévue pour cette traversée est de 25 jours. La route sera plein sud au début afin de traverser la zone des calmes autour des Galapagos puis sud ouest vers Gambier une fois que j'aurais retrouvé l'alizé d'est ou de sud-est, vers la latitude 6°S.