La traversée de Madère aux Canaries (2 jours) a été facile avec un vent maniable de nord-est et les vagues de travers cependant parce que le cap est au sud-est vers les Canaries orientales. Une dorade coryphène prise en plein milieu améliorera l'ordinaire du bord pendant plusieurs jours.

Arrivée au petit matin sur la petite île de Graciosa. Je mouille en bordure de la plage de sable blanc, non loin du village de Caleta del Sebo avec le port où sont amarrés les danois rencontrés à Madère. Changement radical d'environnement par rapport à Madère. Paysage désertique avec des volcans (éteints). Le village est du style saharien au niveau de l'architecture et du rythme de vie (le Maroc est à moins de 150 km). Les locaux sont assez décontractés. Par exemple, le capitaine de port préfère ne pas faire l'entrée dans le pays pour éviter les papiers. La plus fort de la saison touristique est passée. Reste quelques surfeurs et quelques campeurs. On se laisse facilement prendre à l'atmosphère générale. Plage de sable blanc avec une eau à 24°. Les locaux et les touristes se mélangent dans les rues et dans les bars toutes les fins d'après-midi autour d'une bière fraîche. La pêche est interdite pour cause de zone protégée mais nous faisons griller le soir quelques poissons braconnés par le danois (en fait, c'est un italien marié avec une danoise, le bateau a un pavillon danois). Bière à nouveau le soir dans un bar avec concert "live" (guitares espagnoles) puis retour à travers les dunes pour chercher l'annexe et rejoindre le bateau ancré sous la lune. J'y resterais 4 jours alors qu'habituellement je dérape l'ancre facilement tous les jours. Sur la dizaine de bateaux ancrés à la plage, certains sont là depuis des semaines. Seul un coup de sirocco, ce vent fort chargé de sable en provenance du Sahara, est à craindre. Je quitte l'île profitant d'une bonne brise malheusement de courte durée, l'essentiel de la traversée de l'archipel (120 miles) se faisant au moteur vers La Palmas sur Grande Canaria puis Tenerife où doit atterrir Françoise qui me rejoint pendant une dizaine de jours.

De Canaries 2007

Après un avitaillement au marché bien fourni de Santa Cruz de Tenerife, nous embarquons tous les deux pour un circuit autour des 3 petites îles de l'Ouest de l'archipel des Canaries. La route vers l'île de la Gomera nous permet d'apprécier une spécialité de la navigation aux Canaries : les zones accélération de vent par effet de tunnel entre les îles dont les sommets sont très élevés (le pic de Teide sur Tenerife est la montagne la plus haute d'Espagne). Tranquillement installés dans une petite brise, un vent de 30 nds ou plus avec des rafales vous tombe dessus au détour d'un cap. Prise de ris et réduction du génois sont enchaînés très vite. Tout va bien au portant mais quand il faudra remonter au prés à notre point de départ se sera moins plaisant. Après une navigation entrecoupée d'une nuit sur une plage de la cote ouest de Tenerife, nous nous amarrons dans la marina de San Sebastian sur l'île voisine de La Gomera. Le "marinelo" (marin du port) essaye de nous faire rentrer dans une place de 2,5 m de largeur alors que j'avais annoncé une largeur supérieure à 3 m. Rayures sur la coque bleue... On change de place pour finalement profiter des installations et services qui sont très bons dans cette marina au cœur d'une petite ville très pittoresque et animée. Les côtes de ces îles de l'Ouest sont généralement ensoleillées et utilisées pour des cultures (bananes...). Les plages sont souvent de sable fin mais noir. L'intérieur des îles qui très montagneux est généralement sous les nuages qui restent bloqués par les pics. C'est le "monteverde" avec une végétation très généreuse dans une atmosphère humide et ventée. Nous louons une voiture pour une visiter le parc national dans les hauteurs mais retrouvons avec plaisir le soleil et l'atmosphère plus sèche au niveau de la mer.

De Canaries 2007

L'étape suivante sur l'île de El Hierro a été très courte faute d'amarrage adéquat au quai qui est surtout destiné au ferry et découragés par l'éloignement du village (7 km de montée). Nous ne connaîtrons pas El Hierro cette fois. Après une nuit de bords de prés dans un vent soutenu, nous nous amarrons dans le port de Santa Cruz sur l'île de La Palma. Amarrage d'abord sur un quai du port de commerce que nous quittons très vite pour une place repérée sur le ponton du "Real Nautico Club" qui nous accueille comme membres temporaires pendant 2 jours. C'est donc bien installés dans les fauteuils au bord de la piscine du club nautique que nous faisons les connexions Internet. Bien qu'il y ait beaucoup d'immeubles en front de mer, le centre ville est resté typique. Les nuages coincés sur les hauteurs ont tendance à faire de l'ombre sur cette ville de la cote Nord et après 2 jours nous irons rechercher le soleil dans le petit port de pêche de Tazacorte sur la cote Ouest de l'île.

De Canaries 2007

Retour de nuit vers l'île de Tenerife où Françoise doit prendre un avion. Nous écourtons les bords de prés dans la zone d'accélération des vents en nous arrêtant dans une marina d'un complexe touristique proche de l'aéroport.

Mon impression des Canaries est bien meilleure que la réputation de complexe touristique que j'avais de cet archipel. Les zones de plages bétonnées pour accueillir les touristes allemands ou anglais restent très limitées et localisées surtout dans les grandes îles. Le contraste entre les îles de l'Est désertiques et les îles de l'Ouest verdoyantes est surprenant. Françoise a apprécié ces navigations sous le soleil au milieu de l'automne. Elle a parfaitement maîtrisé la cuisine des poulpes achetés dans les marchés ainsi que les préparations à base de "gofio" (farine de maïs) arrosées de miel de palme. Seule déception, la pêche n'a pas été fructueuse, nous n'avons pas croisé de thons.

J'écris cette lettre depuis la marina de Funchal, sur l'île de Madère.

Pour la traversée de Cinés (Portugal) à l'archipel de Madère, les prévisions météo étaient bonnes. Vent de nord à nord-est force 4 avec mer agitée augmentant à force 6 avec mer forte. Des éclairs visibles au loin : une dépression orageuse entre Maroc et Madère. Croisement du rail longeant le Portugal de nuit ce que je n'avais pas prévu parce qu'il est plus au large et plus étendu que sur ma cartographie datant de 1993. Beaucoup de camions (cargos) qui montent vers la Manche ou descendent vers Gibraltar. Merci au radar Furuno. Des bonnes moyennes de 5 à 6 nœuds, avec 2 génois croisés au début puis 1 génois seul après. Je n'ai pas barré du tout, le régulateur d'allure à fait son boulot toute la traversée même si la tige entre l'aérien et la pelle immergée était un peu tordue à la fin du troisième jour. Pas besoin du moteur pendant la traversée, de toute façon la commande d'inverseur ne marchait plus. Arrivée à l'aube du 4ème jour à Porto Santo. Entrée à la voile dans le port de Porto Santo, le mouillage sur la plage me semblant très rouleur ce matin là. Porto Santo est une petite île au nord de Madère ave une belle plage. Après un peu de repos et la réparation de la commande d'inverseur et du régulateur d'allure, je suis reparti le lendemain pour Funchal, le grand port sur l'île principale de l'archipel de Madère.

Je suis amarré à coté d'un couple de danois en année sabbatique sur un bateau de taille similaire au mien. Ils vont aussi aux Canaries puis retour par les Acores. Les échanges de verres et d'expérience de navigation ont commencé rapidement. Les amis du bateau suisse rencontrés en Galice sont bloqués au Portugal. Beaucoup de pavillons anglais ont tourné à gauche vers Gibraltar (Nelson) pour passer l'hiver en Méditerranée.

Madère est orienté business touristique, sans excès cependant. C'est toujours la haute saison ici. Après la lessive et les éternels petits travaux, je pars dans l'arrière pays en bus pour une randonnée en suivant une "levada", canal d'irrigation étroit qui descend de la montagne. Contrairement à Porto Santo, il y a uniquement des petites plages de sable noir et de galets sur Madère. Dans le port, beaucoup de bateaux de pêche sportive donc il faut que je prépare les cannes à thon. L’autre activité du port est le « dolfins watching » sur des grands catamarans.

Bien que le port se vante de posséder 3 bornes Wifi, la connexion Internet fonctionne très mal depuis le bateau. Toujours la même histoire « si vous étiez venus la semaine dernière, cela fonctionnait très bien ». A Cines au Portugal, c’étaient les chats nichés dans la digue qui avaient débranché le câble… Ici, ils fournissent en compensation un plan vers un banc public en ville où l’on peut s’asseoir avec son PC portable en ayant un accès gratuit à Internet pour les connexions Skype.

Au menu ce soir : "espada", un poisson local pêché à 600 - 800 m de profondeur. Lorsqu'il est remonté des filets d'une telle profondeur, il tire une sale gueule et devient tout noir mais la chaire est très bonne et il n'y a pas d'arrête.

Sines, Portugal

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