Cartagena de indias, Colombie

- Escales -

Carthagène est une escale extraordinaire. Pas pour le mouillage où l’on crève de chaud, dans une eau sale, bruyant et sans commodités au club nautico qui est en reconstruction. L'intérêt se trouve dans la ville, il faut rester le moins possible dans le bateau.

Au milieu, le centre historique à l'intérieur de fortifications datant des conquistadors hollandais et espagnols. Les grandes maisons sont du style baroco colonial avec des beaux balcons qui rappellent l'Espagne. La promenade y est agréable, la pression touristique est supportable. La musique (salsa, rumba...) dans les bars est polluée par la soupe internationale électro-rap-machin-chose mais il y presque tous les soirs dans la cité des concerts de musique caraïbes, colombienne ou latino de bonne qualité qui sont fréquentés par les étudiants. Plusieurs universités régionales sont localisées dans ces belles maisons du centre.

A l'ouest, le quartier moderne de Boca Grande le long de la plage avec des tours façon Miami. Je n'y ai pas mis les pieds. Ce serait sur cette plage qu'on trouve des messieurs américains dégustant des beignets à la cocaïne avec de jeunes colombiennes tarifées.

A l'est, les quartiers populaires, plein de vie et de ressources. Pour ceux qui ont renoncés comme moi aux réparations sur le bateau, c'est là que nous nous passons une grande partie de nos journées entre le marché, les ateliers à même le trottoir, les boutiques avec des produits sans marque et d'un autre âge et les vendeurs de rue. Pas besoin de cuisiner au bateau, les cantines proposent pour 5000 pesos (2 euros) une soupe et un plat du jour. J'ai bien aimé aussi les arepas queso (galette de mais au fromage) ou les douceurs au coco. J'ai mangé tellement de fruits tropicaux découpés par les vendeurs de rue que l'alerte tourista a été déclenchée les premiers jours à moins que ce ne soit à cause de l'eau de la marina. Le grand marché Bazurto est un peu limite du point de vue sanitaire. Certains le disent hors limite, il est vrai que le sol est jonché d'ordures, mais il regorge de fruits, légumes, viandes y compris un appareil digestif de bœuf complet si cela vous chante, poissons avec mouches, batteries de cuisine, vêtements, guirlandes de Noël clignotantes et autres accessoires indispensables. Pas besoin de marchander, les prix sont tous bas. Les camions arrivent de l'intérieur du pays, se frayent un chemin dans les allées étroites puis déversent leur tombereau dans des caisses achetés par les détaillants. Si vous avez besoin d'un porteur, ils sont très présents avec leur caddies piqués à l'hypermarché Carrefour voisin et joliment agrémentés d'un enjoliveur en guise de calandre avec une plaque d'immatriculation en bois sur lequel ils ont écrits leur nom. Le réparateur spécialisé dans les zapettes de télévision est sur le trottoir près de l'atelier qui va vous fabriquer sur mesure pour 3 dollars le brûleur de votre gazinière devenu introuvable chez le fabriquant. A coté, la boutique qui vend les pièces en cuir et en liège pour faire des chaussures en kit. Un peu de colle et un cutter et de peinture, vous voilà avec des bottillons très chic parisien.

En continuant l'avenue, vous tombez dans le domaine de l'automobile avec les boutiques ultra-spécialisés, les vidanges directement sur le trottoir et les transformateurs qui fabriquent une tondeuse à gazon à partir d'une 4L (j'ai inventé cet exemple mais ici tout est possible). Toute cette activité est noyée dans un concert de salsa, de klaxons et de taxi- moto pétaradants.

Je ne recherche pas à priori ce genre d'escale mais je ne suis pas déçu par Carthagène. J'ai fait le plein de foule, de couleurs, de musiques, de plats locaux et d'approvisionnements avant la retraite aux San Blas pendant les prochaines semaines et le réveillon avec les indiens Kunas et les langoustes.

La paillote et le hamac sont prêts pour affronter la rigueur de l'hiver tropical aux San Blas

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